Harry Noble and the Diamontine

« May I change my porridge, please ? It’s too hot. » asked the famous Harry Noble to the cook of the prestigious Poodle school canteen.

-Of course, Sir. Sorry, Sir. All of my excuses. » answered the cook bowing down over and over again in front of the thin little boy with straight, untidy hair, and ugly glasses.

-My goodness… Is it so difficult to make decent porridge, these days ? »

The new broomflight teacher was taken aback :

« What’s all the fuss about that boy ? »

The pointy hatted school director replied :

-Don’t you know the worldwide fame of the family ? The Nobles were the most powerful wizards ever. Unfortunately, the Noseless One, the most powerful villain ever, killed them both in their sleep. God knows how, this little boy, who was only a baby then, managed to fight back and stay alive. The Noseless One intends to come back to kill him, someday. But since he’s a Noble, Harry has to face something even worse : his mother stayed in the world of the living to watch over him until he’s 18. Don’t you read celebrity magazines ? Anyway, Mrs Noble is very keen on her son’s education. »

-I see. »

-You do not want to be in trouble with Mrs Noble. »

-Of course not. »

-He needs a special treatment, this one. »

-He does. »

-I mean it. »

-But… Come on… He’s so average look- »

Thunder rolled, and a flash of lightening torned the ceiling and disintegrated the director’s office table.

« I told you. », the director said.


Somewhere dark, the evil ex-fairy godmother Frostsnowqueen made plans to steal the Diamontine. The naive elders of the Poodle School had hidden the precious stone of power in the deepest cellar of the canteen, along with the finest wines they put aside for the teachers. So, with the help of her fairy friends, she would become the most powerful witch the world had ever seen, and master the universe. Ha. Ha. Ha.


« Mom. Stop scaring the hell out of my teachers, please. It’s making me unpopular. That’s so embarrassing. »

-But Honey… » argued the great ghost in a white wizard’s robe :

-You’re a Noble. Popularity’s for ordinary people. Ordinary’s for low class people. »

At the canteen, Harry had switched from the table of the popular folks with gel in their hair to the table of the much despised Hermione-knows-it-all and her Ronsy clumsy ginger friend. Ronsy’s sister had just been bringing him a pack of opera singing candies, when a terrible, ghostly voice paralyzed the whole room :

« YOU SHALL NOT EAT THAT, HARRY NOBLE ! »

-These are only sweets, mum. »

When everyone recovered from this fright, Hermione and Ronsy got up and took their things :

« I don’t wanna be your friend anymore. »

-Your mom’s too weird. »

-Books are safer. Come on, Ronsy. »

Later during the day, Mrs Noble traumatized the enchantment teacher, got chased by the gardening teacher with a rake, and harassed the school director to create special upperclass marks for her son. Now, high school was going to be hell. Harry wanted to hide. And he found just the right occasion when he saw the cooks heading towards the deepest cellar.


Somewhere dark in the same cellar, evil fairies were rubbing hands and laughing about how they had managed to steal the formula to unlock the Diamontine, and how Frostsnowqueen had managed to enter the school in the form of new broomflight teacher. Soon, they would master the universe. Ha. Ha. Ha.

Then, there was this little drunken boy. He looked like that kid from the magazines, but he was way too small to be a Noble. Then, he was mumbling to himself bout how unfair life was, how he didn’t care about interesting marks, and how he wanted to become crystal ball soccer player instead of a stupid professional wizard anyway. And he disappeared in the long corridors of the deepest cellar.

« Got the formula ? »

-Yep. »

-Found the stone ? »

-Yep. »

-50/50 of the power, right ? »

-Of course. »

Frostsnowqueen brought the fairies along the corridors. And then, the Diamontine was there. And then… That magazine Noble thingy had fallen asleep right on the top of it. Well… That was annoying, but easily dealt with. With a violent gesture of her hand, Frostsnowqueen threw Harry on the wall nearby the stone. Harry woke up all of a sudden, and yawned :

« Oh no. Who wants to kill me again ? But you stop, guys, please, I always survive ! »

Harry took the formula from the fairy’s hands :

« Look, this doesn’t even rhyme. »

He read the formula aloud. A bright, purple light got out of the stone. The fairies screamed, Frostsnowqueen screamed, then all was silent.

« Oh, crap. » muttered Harry.

He sat down and fell back to sleep. When he was found by the cook the next morning, he was grounded by the director to fix his crumbled ceiling. The director hadn’t been able to reassure mommy. The popular kids with gel in their hair whispered to each other that getting drunk was such a human reaction. Like, totally out of fashion. Ronsy went crazy :

« I can’t believe you got drunk ! That’s too cool ! »

Hermione wen on with a long speech about the benefits of experiment. Ronsy concluded :

« In the end, Harry isn’t so much of a freak. »

 

 

 

dessin : Image par<a href= »https://pixabay.com/fr/users/GraphicMama-team-2641041/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=1456914″>GraphicMama-team</a&gt; de <a href= »https://pixabay.com/fr/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=1456914″>Pixabay</a&gt;

Pour être une star

« Géranium, ça n’est pas raisonnable. Tu ne peux pas t’inviter à un concours de chant pour te faire remarquer. Tu vas te faire arrêter. » Valériane parlait d’une voix douce et convaincante. Géranium haussa les épaules :

« Huh ! Par qui ? Ce gros patapouf de garde ? »

-Géranium, le concours est déjà très bien organisé. Tu dois te douter que tout est planifié. Je te conseille de patienter. »

-J’en ai PLUS QU’ASSEZ ! Je te paye, et qu’est ce que tu fais pour moi ? Tu ne crois pas en moi ! Tu es virée ! »

-Mais ma chérie, ne sois pas ridicule. Tu n’es pas inscrite, tu n’es pas une chanteuse. Tu n’as aucune chance de passer. » Le sourire de Géranium fit craindre le pire a Valériane.

-Sauf si on doit remplacer un de mes concurrents au pied levé… »

Géranium se mit à réfléchir. Elle avait ses concurrents à détruire. Il y avait une visibilité internationale à la clé. Elle pensa directement aux superstars : la chorale philharmonique des Boisés. Géranium alla voir la sorcière Réséda, experte en concoction de poisons.

Elle se leva tôt le jour suivant pour mettre de la poudre de poison mortel au sureau dans le gratin de miel sans sucre au thé vert biologique goût citron des Boisés. Il n’y eut rien de plus facile. A présent, tapie dans l’ombre, elle attendait. A la cantine, les choristes se resservaient.

« Wah ! Sensas, la nouvelle recette ! »

-C’est effectivement un petit peu mieux que d’habitude, mais rien ne vaut le gratin au miel de la bonne de papâââââ. »

-ça donne envie de tomber amoureux… »

-Cette nouvelle recette, c’est aphrodisiaque ? »

-Ah bah ça, pour êt’ bon, c’est bon ! »

-Où j’ai mis ma fourchette ? »

C’était un véritable brouhaha. En attendant, personne ne mourait.

« ça a comme un goût de poison mortel au sureau ! » dit une voix aiguë, plus audible que les autres.

-AAAAAAH ! »

-Quelle bonne idée ! C’est excellent pour la voix ! »

Bref, c’était la cata.

« Il est nul, votre poison ! » fit remarquer Géranium a Réséda.

-On ne tue pas une fée, voyons. »

Voilà un détail que Géranium allait oublié.

Il fallait essayer autre chose. Tiens, les monter les uns contre les autres. Voilà ce qu’il fallait. Son plan, c’était de passer d’un groupe à l’autre pour créer des quiproquos qui mèneraient à un pugilat. Pervenche se disputa avec Asperge, Coquelicot avec Pâquerette, Tournesol avec Narcisse, saule avec Chêne, Bouleau avec Oranger, Pétunia avec Primerose, Vulpine avec Charme, Hêtre avec Hortensia. Bref, ça bardait. Au bout d’un moment, il y avait des petits groupes de nuages de poussière, où on ne voyait pas qui mordait qui, qui griffait qui, qui tirait les cheveux à qui. Le plan diabolique de Géranium fonctionnait.

Quand soudain, un cri. Tout le monde s’évanouit. Géranium aussi.

« Et merde. » conclut Mandragore la chef de choeur.

-Bon dieu d’autorité. »

Quand Géranium se réveilla, le psychologue Ergot Seigle était parti, et tout le monde était réconcilié. Tout ce travail de sape pour rien. Les choristes étaient plus unis que jamais. Il fallait trouver une solution.

Elle essaya de débaucher leurs musiciens, Merlin et Banjo, son instrument qui parlait. Mais Merlin était un plein délire hallucinatoire et se transformait compulsivement en n’importe quoi.

Malgré tous ces échecs, Géranium était déterminée. alors, elle passa dans l’équipe des décors pour écraser la chorale. Mais pendant la répétition, rien ne se passa. C’est quand elle monta sur scène pour voir ce qui clochait que le décors tomba.Gentiane Jaune, la maquilleuse, se précipita et remarqua que la victime de l’accident avait un visage qu’elle n’avait jamais travaillé. Tout le monde vint voir cette curiosité. On demanda si quelqu’un la connaissait. Silence. Alors, on appela la sécurité.

La fête battait son plein. La chorale philharmonique des Boisés était fin prête, les Mauvaises Herbes cassaient leurs instruments, le rappeur piquant Yucca Yo s’aiguisait les dents, et les jazzeux de Tap-Tap-Thym improvisaient joyeusement. On communiqua aux forêts avoisinantes par des signaux de fumée quand le juge en chef, Sauge Officinale, fut installé. Valériane soutenait à présent une étoile montante de la tragédie nommée Camélia. Et Géranium, dans tout ça ?

« Parlez-moi de votre mère. » interrogea Ergot Seigle.

-Elle va bien, merci. je peux m’en aller ? » répondit Géranium.

-Il faut faire face aux blessures de son passé. »

-Je suis très équilibrée. »

-Vous avez voulu faire capoter le concours de chant le plus connu de l’univers en agressant des concurrents. »

-On n’a pas le droit de vouloir être une célébrité ? »

-Pourquoi tant de colère ? »

Géranium sauta hors de son lit, le souleva, et l’écrasa sur la tête d’un Ergot Seigle étonné.

« Je ne suis pas en colère. Je suis très calme. Je sais parfaitement me maîtriser. »

Serial mamie

Il y avait eu un meurtre atroce à Trinchoir-sur-Yvette. Marcel Fascaga, le jeune délinquant du village, avait été tué. L’inspectrice Cassidy Fox, fin limier du FBI, avait été reléguée dans ce trou perdu pendant deux mois : elle avait soi-disant fait preuve de violence excessive envers ses collègues masculins. Du coup, on la punissait. Elle se saisit de la seule affaire qui l’intéressait.

Les résultats de l’autopsie ne furent pas concluants : celui qui faisait office de médecin légiste avait regardé les coups portés au jeune Marcel en se curant le nez. Il y avait des poils d’animal de compagnie sur le pull de la victime. A analyser. Cassidy comptait bien arrêter le meurtrier et lui faire bouffer son sac à main : assassiner le seul et unique délinquant de cet endroit mortellement chiant ? Franchement ?

Cassidy Fox interrogea le prêtre du village pour commencer.

« C’est un gâteau de la mère Michel. Vous en voulez ? »

Le prêtre était tellement absorbé par ses pâtisseries, qu’elle ne put pas en tirer grand chose. Le commissaire en chef Postillon proposa au prêtre d’arroser son goûter de liqueur de pomme. Là, il avait confié que M. Calcigue avait évoqué une action malhonnête en confession. Il ne se souvenait plus trop, mais ce n’était pas bien. Hic. Pas bien du tout. Hic. Il le savait.

Entre minuit et une heure du matin, Les Calcigue eurent la bonne surprise d’entendre Cassidy Fox tambouriner à leur porte :

« Calcigue ! FBI ! Sors de ton trou ! » En chemise et en bonnet de nuit, M. Calcigue sortit le poing en l’air :

-Boudiouh ! A-t-on pas idée de crier si fort à une heure pareille ?! Vous êtes-t-y si sourde que vous avez besoin de vous époumoner comme une truie ? »

-Je vous arrête pour insulte à policier ! »

-Restez où vous êtes, malheureuse ! »

-Je vous arrête pour menaces ! »

Cassidy s’avança. Elle eut juste le temps de voir le pot de fleurs tomber, puis :

« MES AZALEEEEEEEEEEES ! AH ! AH ! AH ! »

M. Calcigue, la main sur le cœur, devint rouge, puis vert, puis blanc avant de s’effondrer.

Plus tard, le commissaire en chef Postillon alla porter de nouvelles azalées en pot et des confitures de la mère Michel à M. Calcigue. De son lit d’hôpital, le grand malade leur révéla qu’il payait régulièrement le jeune Fascaga pour crever le pneus des frères Maximum qui roulaient sur ses plans de tomates avec leurs mobylettes. Il regrettait bien ce qui lui était arrivé.

Les frères Maximum faisaient pétarader leurs mobylettes autour des policiers.

« On s’arrête, là ! », hurla Cassidy

-La mère Michel nous offre un petit rosé. » lança Maximum l’aîné au commissaire Postillon sans même la regarder.

-Arrêtez-vous ! » hurla Cassidy de plus belle.

-Alors, tu viens ou quoi Postillon ? Y s’boira pas tout seul, le rosé ! »

-ARRÊTEEEEEEEZ ! » Cassidy tira en l’air. Les frères Maximum accélérèrent leur engin.

-Elle a du foin dans le cerveau, dis ! »

-Parigots, têtes de veau ! »

-Mais non, elle vient des Amériques, idiot »

Au petit rosé de la mère Michel, le commissaire en chef Postillon apprit que Fascaga n’avait plus le temps de crever le pneus des mobylettes des frères Maximum : il voulait faire des bêtises avec Francine, la plantureuse bonne du curé. Mais elle ne voulait pas. Aha… Une affaire de viol qui aurait mal tourné ?

La plantureuse Francine ouvrit la porte du presbytère en tenue légère. Un énorme chat persan blanc fit son entrée.

« Bah… Il était de mauvaise vie, Fascaga. Au départ, je voulais pas, mais j’ai fini par céder. Bah… vivre avec un curé, ça vous laboure pas vot’ jardin, vous savez… Mais si je me rappelle d’une chose, c’est que la mère Espincher… »

ça devenait ridicule : les Espincher renvoyèrent Cassidy vers M. Farçous, qui les renvoya à Mme Sereing, qui les renvoya à M. Alestouffé. L’analyse des poils retrouvés sur le corps de Marcel Fascaga révélèrent que les poils de la victime appartenaient à un chat. Cassidy Fox eut le malheur de penser au chat de la mère Michel, mais on la rabroua.

C’est là qu’on annonça la disparition de la plantureuse Francine. Pas de chance pour Cassidy : il y avait enfin un meurtrier en série dans le coin, et la fin de son séjour approchait. Le lendemain matin, son avion décollait. Le téléphone de la brigade sonna. C’était la mère Michel. Elle invitait Cassidy à prendre le thé.

Bien sûr, elles parlèrent du cas Fascaga :

« Alors, on ne sait toujours pas qui l’a tué ? »

-Les moyens manquaient. »

-Des suspects ? »

-On a retrouvé des poils de chat sur le corps de la victime. C’est un indice important, je crois. »

-On dit que votre séjour est bientôt terminé ? »

-Mon avion décolle demain matin à 6 heures. »

-Quel dommage… Vous n’aimez pas les animaux, n’est-ce pas ? »

-Non. Pas trop. » avoua Cassidy décontenancée. La mère Michel tapota le dos de son chat, étalé sur le canapé.

-C’est un amour. Une compagnie précieuse pour une vieille dame. Malheureusement, ce n’est pas une bête très fidèle. Toujours par monts et par vaux. Je me fais régulièrement un sang d’encre. Ce n’est pas de sa faute. Depuis le temps, les gens devraient savoir. » la douce voix de la grand-mère devenait glaçante :

-Personne ne touche à mon chat. »

L’homme idéal

L’homme idéal est toujours disponible et enthousiaste. Il à l’œil vif, le poil brillant, le style coordonné en toute circonstance.

Il est très fonctionnel : on peut l’emmener partout, et il n’est pas encombrant. Il ne vous embarrasse jamais en société. Il évite les sujets à contentieux comme la politique ou le football. Mais quand de tels sujets sont abordés, il est de votre avis, évidemment.

Il est d’une patience à toute épreuve avec les beaux-pères les plus coriaces.

Il anticipe les moindre désirs de sa maîtresse sans se tromper. Il se rend indisponible à tout autre femme. Corvéable à merci, l’homme idéal n’est jamais fatigué : il tond la pelouse, descend les poubelles, débouche les canalisations, et ouvre les bocaux de cornichons sans rechigner.

Il vous trouve toujours parfaite, et sait toujours vous mettre en valeur en société. Il sait se montrer discret quand on en a assez.

Il ne crache pas, ne fume pas, ne boit pas, et ne mange pas ses crottes de nez. Il est garanti sans flatulence, et se lave automatiquement les pieds.

Guerre au hlm

C’était la guerre ! M.Chong, l’aimable et placide voisin au visage de bonze tibétain, avait fini par perdre son calme légendaire ! Cette pétasse arrogante de Piangini voulait la guerre ? Elle l’aurait !

C’était elle qui avait débuté les hostilités :

« Vous êtes le concierge ? » avait-elle dédaigneusement lâché à M. Da Silva sous prétexte qu’il était portugais. Il lui en aurait foutu, des concierges, lui qui payait son appartement 900 € par mois !

Ensuite, elle avait pris ses aises : sa saucisse sur pattes de chien et ses aboiements incessants, le souk qu’elle fichait avec ses amis bruyants tous les samedi soir…

Et son fils. Tout un poème son fils. Une tête à claque. Son foot rituel dans la cour de l’immeuble. Le ballon qui se retrouvait invariablement près des fenêtres de Mme Zénati la prof de yoga. Cette dernière avait essayé de s’expliquer calmement avec la Piangini :

« Pétasse mal baisée ! » ce monument d’élégance et de raffinement italien avait lancé :

-Ah bah c’est sûr que c’est pas votre cas ! Vous faites chier tout le monde ! On vous entend a des kilomètres ! Traînée ! »

Ce n’était pas tout : mégots de cigarette dans la cage d’escalier, et le marmot qui faisait ses besoins dans le local à vélo pendant ses siestes crapuleuses de l’après midi. Bonjour l’apprentissage du respect d’autrui ! Ce môme horrible s’était lié d’amitié avec d’autres délinquants en puissance, et il taguait les murs de son propre immeuble ! M. Chong l’avait même attrapé entrain de saboter sa voiture ! D’ailleurs, l’affaire s’était terminée au commissariat, et la Piangini avait écopé d’une amande qu’elle n’avait pas payée.

Et puis, il y avait eu l’affaire des poubelles. Et le vase n’était pas loin de déborder ! Elle avait commencé par mettre tout ce qui l’encombrait sur le palier : poussettes, sacs d’habits destinés à la déchetterie. M. Chong, qui ne pouvait plus passer dans son propre couloir, avait tenté de l’interpeler. Il avait même menacé de jeter tout son bazar pour avoir la paix ! Dans ce climat infernal, la Piangini ne répondait plus lorsqu’il sonnait à la porte. A ce petit jeu mesquin, s’était ajouté l’apposition de ses ordures ménagères sur le palier.

Un jour, la goutte d’eau finit par tomber. Le meilleur ami du fils Piangini avait marché dans une crotte de chien. Comme il ne voulait pas incommoder Mme Piangini, il eut l’idée de poser ses souliers sur le paillasson du voisin. Grand bien lui en fit ! Le sang de M. Chong ne fit qu’un tour : il saisit les infectes savates, et les jeta dans la benne à ordures collective. L’impudent rentrerait pieds nus, non mais ! Quelle ne fut pas la surprise de l’invité des Piangini ! Après une exclamation d’étonnement horrifié, la Piangini sonne chez M. Chong, accompagnée de son invité, son fils, et son mari. Le problème, c’est que M. Chong est en pleine sieste, et qu’il ne faut jamais déranger M. Chong lors de sa sieste, jamais ! Il les accueille avec un fusil. Conclusion : pour la deuxième fois, il se retrouve au commissariat avec les Piangini.

Trop, c’était trop. Tous les voisins établirent un conseil de guerre. Dans l’adversité, il fallait être solidaires. M. Da Silva s’arrangea avec un ami serrurier pour mettre le local à vélo sous clé. On jeta toutes ses affaires. Mme Zénati se mit à se poster régulièrement devant sa porte pour retirer les mauvaises ondes de l’immeuble à grand coup de fumigations. L’odeur de l’encens était si forte, que la Piangini cria plusieurs fois à l’incendie. On convint d’une heure, de préférence tardive, pour faire un boucan de tous les diables, précisément vers son appartement. Le ballon de son fils fut sauvagement crevé. Sa boîte aux lettres mystérieusement saccagée. On lui fit maintes autres misères, tant et si bien que par miracle, probablement grâce aux fumigations de Mme Zénati, la Piangini prit ses jambes à son cou, et s’enfuit.

La boîte

Anna et Raphaël avaient déménagé depuis peu de temps. Ils ne connaissaient personne dans le coin. Pas un copain à 10 km à la ronde. Bref, ils s’ennuyaient. Un week-end, alors qu’ils jouaient dans le jardin, leur ballon passa la barrière et se retrouva chez le voisin. Ils entendirent un couinement de douleur : leur ballon avait heurté son chien.

« Vas-y, toi ! » dit Raphaël.

– C’est toi qui tape toujours trop fort. » répondit Anna.

-Oui mais toi, il t’aime bien. »

En fait, c’était un homme étrange qui n’avait pas l’air d’aimer les enfants. Anna s’y colla tout de même en prenant son air le plus désolé :

« Bon… Bonjour, monsieur. Je suis la voisine. Avec mon frère, on s’excuse. On a fait tomber notre ballon dans votre jardin… »

-Vous avez jeté votre jeté votre ballon sur mon chien ! Petits mal élevés ! Vous méritez une bonne fessée ! » dit le vieil homme en traînant Anna à l’intérieur par le bras.

La petite fille ouvrit grand les yeux : de l’extérieur, la maison avait l’air tout à fait normale, mais de l’intérieur, on aurait dit un manoir hanté. Elle était remplie de vieux objets couverts de poussière et de toiles d’araignée. Quand Anna rentra chez elle, elle était partagée entre la colère provoquée par la fessée, et l’excitation de pouvoir raconter ce qu’elle avait vu dans l’étrange maison.

« Alors ? »

-C’est malin ! A cause de toi, j’ai pris une fessée ! »

-Mais c’est pas juste ! Tu t’es excusée, et en plus, on l’avait même pas fait exprès ! »

Comme Raphaël entraînait toujours sa sœur dans ses bêtises, ils finirent par décider de se venger. C’est lui qui eût l’idée de voler chez le vieux grincheux un de ses précieux objets.

Ce jour-là, le voisin était parti faire une course et le chien dormait. Les enfants partirent en commando. Ils passèrent par le jardin arrière, et se faufilèrent par une fenêtre. Raphaël n’en croyait pas ses yeux : une maison hantée ? C’était une caverne d’Ali Baba ! Il se mit à fureter partout à pas de loups. Anna était de plus en plus mal à l’aise :

« Bon, dépêche-toi, Raphaël ! Le chien va se réveiller ! »

Soudain, les enfants entendirent un bruit de voiture dans l’allée. Anna attrapa une vieille boite en fer, et tira son frère par la manche :

« On s’en va ! »

Les enfants filèrent. Le chien se mit à aboyer. Les enfants parvinrent à rentrer chez eux juste à temps.

« On aurait pu trouver mieux… » fit remarquer Raphaël déçu en examinant leur trophée.

Les jours passèrent. Les enfants avaient oublié leur bêtise, et le voisin n’était pas venu réclamer sa vieille boîte chapardée. Un jour, ils étaient entrain de jouer dans leur chambre, quand leur mère ouvrit la porte :

« A table ! Dis-donc, c’est un vrai capharnaüm, ici ! Vous allez me ranger cette chambre après le déjeuner ! »

Après le déjeuner, donc, Anna et Raphaël réalisèrent qu’il y avait du travail. Anna commençait à pousser ses poupées dans le placard, quand son pied heurta la vieille boîte en fer :

« Tiens, je vais mettre mes poupées là. »

-Elles ne vont jamais toutes rentrer ! »

Anna commença à entasser ses poupées. Comme il semblait toujours y avoir de la place, Raphaël déposa un camion, puis deux… Les enfants se regardèrent médusés. Puis, ils se mirent à y fourrer le reste de leurs jouets. Même les objets plus grands que la boîte parvenaient comme par magie à y entrer.

« Raphaël, j’ai peur ! »

-Mais quelle poule mouillée ! »

La boîte devint le rangement préféré des enfants.

Un autre jour, après le dîner, les enfants se disputèrent, et Raphaël arracha la tête de la Barbie Malibu d’Anna. Anna cria si fort que leur mère les envoya directement se coucher. Anna posa tristement sa poupée cassée dans la boîte. Le lendemain, elle rouvrit la boîte pour récupérer sa poupée, et découvrit avec stupeur que sa tête s’était mystérieusement recollée. Comme ce genre d’incident arrivait souvent, la boîte fut utilisée comme dispensaire pour poupées.

Cette nuit-là, Anna n’arrivait pas à dormir à cause de sa maîtresse qui l’avait vertement grondée. Elle retournait dans sa tête ses soucis, quand tout à coup, elle entendit un bruit. C’était un petit bruit, comme étouffé. Il semblait venir de très près. Elle se demandait s’il s’agissait d’une souris. Intriguée, elle se leva pour voir d’où venait le bruit. ça venait du pied du lit. Quand Anna se rapprocha, son cœur fit un bond : sur le rebord de la boîte, l’Action Man de Raphaël s’entretenait avec sa Barbie Malibu :

« Anna me traite très bien, » c’était Malibu :

-Mais Raphaël est un monstre ! Il m’arrache la tête sans arrêt ! »

-Ne m’en parle pas ! Il me jette du haut des escaliers, me démonte les jambes, me plonge dans le bocal du poisson rouge exprès ! »

-Ah, mademoiselle Anna ! » fit Malibu en regardant Anna dans les yeux :

-Je dois vous dire que je ne suis pas du tout d’accord avec votre idée de me teindre les cheveux en bleu. De plus, je conçois que vous ayez des problèmes à l’école, mais il me semble injuste de me dire à moi que je ne suis pas sage : je suis une poupée. »

-Vous… Vous parlez ? »

-Évidemment. C’est une boîte magique. Nous nous animons la nuit. »

-Je… Je crois qu’il vaut mieux que j’aille me recoucher. »

Raphaël ne crut pas Anna quand elle parla de l’incident le lendemain matin :

« T’as fait un cauchemar vraiment bizarre. »

Au fil des maltraitances, la grogne montait chez les objets. Anna essayait de prévenir Raphaël pour qu’il soit plus gentil avec eux, mais il n’écoutait pas. Une nuit, les objets finirent par se venger. Les fils de la Wii attachèrent les bras de Raphaël en s’exclamant : « Ouiiii ! », les fesses rembourrées du nounours d’Anna faisaient un bâillon parfait, les Action Men de Raphaël se mirent à faire du trampoline sur son ventre pendant que l’équipe des Barbie lui tiraient les cheveux. Le petit garçon ne pouvait pas bouger. Au petit matin, tout le monde retourna bien sagement dans la boîte.

Les enfants ne savaient pas comment se sortir de cette situation : fermer la boîte avec des objets lourds, jeter la boîte sans les objets, jeter la boîte avec les objets. Chaque nuit, la boîte réapparaissait. Chaque nuit, Raphaël se faisait maltraiter. Le manque de sommeil se faisait sentir, et Anna était terrorisée.

Anna décida d’en parler au voisin :

« Mon… Monsieur… C’est la voisine… J’ai quelque chose à vous dire… »

Le voisin commença par se fâcher tout rouge pour sa boîte, et Anna se prit une deuxième fessée. Puis, lorsque la petite fille entreprit de lui raconter les problèmes qu’elle et son frère avaient eus, il ne put s’empêcher de rire en s’exclamant que c’était bien fait. Enfin, de bonne humeur, il entreprit de les aider. Il sortit différents articles ésotériques de ses placards :

« Apporte-moi la boîte. On va la démarabouter. »

Guerres de jardin

« Alerte ! Alerte ! Le chef de la cinquième infanterie a eu un accident ! »

– C’est horrible ! Que lui est-il arrivé ? »

-Il s’est prit dans une toile d’araignée ! »

-Misère ! Qu’en est-il de l’opération barbe à papa ? »

-C’est un fiasco. Peu d’avancées dans le territoire de la Foire du Trône, et nous déplorons beaucoup de pertes moucheronnes, qui, enlisées dans les méandres du labyrinthe rose, ont succombé à l’appel du sucre ! »

-Quelle horreur ! Que faire ? Il doit y avoir un moyen. Je suis sûr que nous pouvons conquérir la Foire du Trône… »

Le chef des armées moucheronnes nota tout de même dans son carnet de bord : Opération barbe à papa, fiasco. Attention, les barbes à papa sont des pièges très sophistiqués. Ne pas sous estimer l’ennemi ! Il préparait la stratégie d’un nouveau plan d’attaque appelé opération pomme d’amour, quand soudain, des cris terrifiés retentirent dans la base moucheronne :

« Repli ! Repli ! Attaque de coccinelles ! »

En effet, les monstres à poids noirs s’avançaient dans le nid de feuilles, avalant tout sur leur passage. Un carnage ! Il fallait bien le dire : La chance n’était pas de leur coté. Pour éviter la catastrophe, le chef des armées décida que ça n’était pas le bon jour pour s’attaquer aux pommes d’amour. Par contre, l’opération « pic nique » était tout à fait réalisable. Après tout, c’était bien leur territoire que l’on envahissait. Restait, en ce jour funeste, à galvaniser les troupes.

« A vos marques… Prêts… Volez ! »

Pas de chance : C’était justement le jour qu’avaient choisi les mouches vertes pour faire leur grande course annuelle du noisetier à l’épicéa dont la récompense n’était à manquer pour rien au monde : Un délicieux tas de fumier encore chaud attendait le grand vainqueur de la course. Un lot de prestige ! Autant dire que la concurrence était rude. Certaines mouches venaient de très loin pour prétendre au titre honorifique et s’assurer un retour triomphant parmi leurs congénères. Il y avait une foule incroyable, là haut, un véritable bouchon aérien, impossible de passer. Et ça n’était pas demain qu’on allait convaincre les mouches vertes d’interrompre une course de cette importance : Depuis la Grande Bataille des Saules Pleureurs, les deux peuples étaient en froid.Mais un jour, il les aurait !

Le chef de la communication essayait de trouver un moyen de préparer les troupes à la prochaine grande épopée. Il commençait à y avoir des grognements, parmi les veuves éplorées. Peut être faudrait-il leur expliquer, par exemple, que les mouches vertes avaient inventé un nouveau venin foudroyant dans leurs récentes mutations, et que ledit venin pourrait anéantir le jardin… Ou qu’elles étaient les machiavéliques instigatrices des attentats suicides des abeilles contre les êtres humains, qui se faisaient exploser le dard dans les peaux calleuses pour la reine. Il y avait forcément une conspiration politique derrière tout ça. Les experts pourraient prouver facilement que c’était pour remonter jusqu’aux moucherons, évidemment. Les manipulation insidieuses des mouches vertes étaient même parvenu à convaincre les humain de fabriquer des pièges redoutables nommés Barbe à papa, et beaucoup de braves soldats étaient morts en se battant contre la coalition inter espèce. Oui, ils étaient tous contre eux, contre eux qui se battaient pour l’Honneur et la Justice, contre eux, les représentants de la civilisation, c’était un véritable complot ! Le chef des armées moucheronnes était inspiré. Cela ferait, certes, un beau discours, mais quand ces horribles mouches vertes cesseraient-elles de bloquer le passage en bourdonnant comme des aspirateurs déchaînés ? Insupportable ! Assourdissant ! Il n’y avait que des mouches vertes pour faire pareil vacarme ! Il fallait voler à raz le sol.

Tout en bas, deux fourmis étaient en pleine discussion politique :

« Bon, tu me laissera porter ce morceau de sucre, oui, ou non ? »

-Ah, non ! Tu m’avais dit que tu porterais la miette de pain ! »

-Radine ! »

-Feignasse ! »

Et soudain, toutes antennes levées : Mais pourquoi les moucherons volaient-ils aussi bas ?

A présent, il fallait atteindre le platane. Ouf ! Enfin un lieu calme et sûr ! On réinstalla le village moucheron sur le platane, et le chef des armées pu achever de préparer son discours. Le débat s’annonçait houleux et polémique : Une défaite et une attaque de coccinelles, ça faisait beaucoup, tout de même, il y avait de quoi décourager les troupes… Il y avait de grogne parmi les veuves éplorées. Le chef des armées avait vraiment un problème. Il y avait, certes, eu quelques victoires, mais ces guerres à répétition ne faisaient pas bouillir la marmite, et qui plus est, cela leur jouait des tours : Après le temps des victoires, venait le temps des défaites à répétitions.

« Boucher ! Assassin ! Meurtrier ! »

-… De notre belle nation moucheronne… »

-Qui nous rendra nos fils et nos maris ? »

-… Une conspiration… »

-Qui rétablira notre économie ? »

-… Malgré les pertes déplorées… »

-Ces- sez le carnage ! Il faut faire le grand ménage ! Ces- sez le carnage ! Il faut faire le grand ménage ! »

Déjà, une manifestation pacifique se mettait en place autour du platane : Les veuves éplorées faisaient la grève de la faim, les moucherons mâles qui restaient se juraient de ne plus manger que des feuilles cultivées bio, et on chantait contre les méfaits du sucre qui créait des comportements agressifs et avait rendu le chef des armées complètement fou. Le chef de la communication se sortit de l’embouteillage de mouches vertes juste à temps pour dire :

« Mais non ! C’est la faute des mouches vertes ! Elles veulent détruire le peuple moucheron en nous mettant les uns contre les autres ! »

-En avant pour l’épicéa ! »

Hurla la foule.

La grenouille amoureuse

Croate la grenouille était amoureuse. Elle était amoureuse et malheureuse. L’objet de son admiration, de son étonnement, de sa vénération, était une minette blanche. Une minette qui ne la voyait même pas. C’était une ineptie, au village des grenouilles. C’était une hérésie au village des chats. Quand on attrappait Croate en pleine escapade hors du marais, on lui titrait la langue. Quand on apercevait ses petites pattes vertes au village des chats, on lui montrait les dents. Ce n’était pas sa faute, tout de même, si Blanche était séduisante!

Un jour, alors qu’elle traversait le grand champ, elle se lamenta : « comme j’aimerais devenir un chat!… »

La voix tonitruante de l’effroyable, du terrifiant, du monstrueux épouvantail rose fit trembler les nuages : « Être ou ne pas être un chat, telle est la question. A l’entrée du village des chats, sur une balançoire, la se trouve l’objet de ton affection. Donne lui un baiser pour ta transformation. »

Après avoir longtemps sautillé, Croate trouva son aimée. Elle dit : « pardon, c’est mal poli et tout, mais je dois te faire un bisou. » Elle prit son élan, toutes pattes devant, et…

POUF.

Sur la balançoire, la princesse Blanche croisa les jambes, réajusta sa couronne, et regarda la princesse Croate de haut en bas : « Je croyais que je serai sauvée par un prince, moi. Mais bon. Ne restez pas plantée la. Courrez vite vous mettre un pantalon. »

orc complain

Aye good sir! It ain’t good bein’ an orc, these days! Because all the other races, they ain’t fair! They call ye stupid and ugly! And they look down on ye like it the normal ting! And they say it’s good to kill ye cuz they call ye evil and that’s mean!

We ain’t evil! Sometimes, we might eat a little girl or two, but that’s because we’s hungry! Them dark lords we work for, they don’t give us them fancy foods like bread and tings!

Last time, i told à gilly : « i won’t eat ye because ye’s ugly like me. » The gilly cries, so i eats her. See? We ain’t evil! We has a heart too!

Now, they get waaaay too nice with humans i say. A stinking drunken brute with a fur cloak they call a king, an’ bow to salute him too. A spoiled little gilly with a schrieking voice, they call a princiss, an’ treat her like a precious ting. But i had a princiss once, and she wasn’t even good food! All fat, no muscles. Nothing consistent enough to fill an orc’s belly properly. Don’t sound like quality food to me! Farm gillies more healty.

It ain’t good bein an orc, i say! We’s sport for heros, an game for wood elves, an slaves for bad wizids! An none will tell us a good word, cuz ooooooh it soooooo evil to have princiss!

The world ain’t fair, good sir! The world ain’t fair to us poor tings!

 

 

Image de : Image par<a href= »https://pixabay.com/fr/users/rhennesy-1240091/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=3441846″>rhennesy</a&gt; de <a href= »https://pixabay.com/fr/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=3441846″>Pixabay</a&gt;

Je suis l’eau

Je suis l’eau. Je boue sans brûler. Je bulle, et J’écume, et je fume, et je ne sais que couler. Je suis le tourbillon qui danse et la mousse qui monte. Je suis la bulle qui éclate en silence. Je suis le calme effervescent, le lisse dans le mouvement, je suis nectar, puis bulle, puis fumée. Et je monte, je suis plus légère qu’une plume, poussée par les courbes flutées du vent, de nuage en nuage, toujours plus diluée, toujours plus haut, toujours plus grise.

Et je suis la brise. Le souffle, l’inspir qui frôle, qui soulève avec douceur ce qui est léger. Je passe ai creux d’une oreille, dans le coin d’une feuille, sur le duvet d’un oiseau, dans le pétale d’une fleur. Les petites bêtes montent sur mon dos pour glisser dans la soie de l’azur, les lacs se rident d’une caresse de moi. Mon chuchotement subtil lévite un instant en effleurant les peaux, avant de s’évanouir dans les hauteurs, mystérieux et frêle.

Et je suis le ciel. Je suis celui qui voit de loin et de haut. Je suis l’ivresse, le repère, le refuge de l’oiseau. L’immensité placide qui sourit à la lumière. L’oeil qui veille dans le désert. Je suis la matrice des nuages, sans contrainte, sans limite, sans âge. Mes poumons expirent les étoiles, les pollens, et les plumes. Je veille sur le monde et je berce la lune. Et je bois les bruits perdus, les prières qui montent à mes oreilles.

Et je suis le soleil. Je coule, et je fume, et j’écume, et je ne sais que brûler. Dans le noir infini, je suis la chaleur, la lumière, et la vie. Je ne suis qu’explosions, matières en fusion, forces titanesques en ébullition. Je suis, énergie, force vitale, et destruction. Bruyant comme ce qui se consume, et paisible comme ce qui n’est fait que pour se consumer. Immense dans mon petit système, et minuscule dans ma galaxie à la fois. Et des planètes tournent autour de moi.

Et je suis…

– pénible! Ça fait des heures que vous encombrez le spa!