Je suis l’eau

Je suis l’eau. Je boue sans brûler. Je bulle, et J’écume, et je fume, et je ne sais que couler. Je suis le tourbillon qui danse et la mousse qui monte. Je suis la bulle qui éclate en silence. Je suis le calme effervescent, le lisse dans le mouvement, je suis nectar, puis bulle, puis fumée. Et je monte, je suis plus légère qu’une plume, poussée par les courbes flutées du vent, de nuage en nuage, toujours plus diluée, toujours plus haut, toujours plus grise.

Et je suis la brise. Le souffle, l’inspir qui frôle, qui soulève avec douceur ce qui est léger. Je passe ai creux d’une oreille, dans le coin d’une feuille, sur le duvet d’un oiseau, dans le pétale d’une fleur. Les petites bêtes montent sur mon dos pour glisser dans la soie de l’azur, les lacs se rident d’une caresse de moi. Mon chuchotement subtil lévite un instant en effleurant les peaux, avant de s’évanouir dans les hauteurs, mystérieux et frêle.

Et je suis le ciel. Je suis celui qui voit de loin et de haut. Je suis l’ivresse, le repère, le refuge de l’oiseau. L’immensité placide qui sourit à la lumière. L’oeil qui veille dans le désert. Je suis la matrice des nuages, sans contrainte, sans limite, sans âge. Mes poumons expirent les étoiles, les pollens, et les plumes. Je veille sur le monde et je berce la lune. Et je bois les bruits perdus, les prières qui montent à mes oreilles.

Et je suis le soleil. Je coule, et je fume, et j’écume, et je ne sais que brûler. Dans le noir infini, je suis la chaleur, la lumière, et la vie. Je ne suis qu’explosions, matières en fusion, forces titanesques en ébullition. Je suis, énergie, force vitale, et destruction. Bruyant comme ce qui se consume, et paisible comme ce qui n’est fait que pour se consumer. Immense dans mon petit système, et minuscule dans ma galaxie à la fois. Et des planètes tournent autour de moi.

Et je suis…

– pénible! Ça fait des heures que vous encombrez le spa!

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