Les étoiles vont mourir

Après une coupe de champagne, elle s’essuya délicatement la commissure des lèvres, et roucoula :

« Le crime ne paie pas. » sourire :

-Assez. »

-Nous, nous vous paierons très bien, chère Petrouchka. » lui répondit-on avec un accent arabe prononcé. On écrivit un chiffre sur un papier. On le lui tendit.

« Oh, » fit Petrouchka en secouant sa chevelure blonde ordonnée.

« Nous pourrons peut être nous entendre, dans ce cas. »

Pendant ce temps-là, Rick Segal appliquait délicatement sa gomina. Il fit bouger ses pectoraux d’acier, enfila son costume Dior blanc immaculé tout neuf, ses chaussures en croco, et ses lunettes Armani. Il se lança un sourire étincelant, et se fit un clin d’œil dans le miroir.

Dans la réception branchée, une blonde était assise au bar. Pulpeuse. Robe de velours rouge seillante au décolleté échancré, escarpins assortis, rouge à lèvres écarlate. Rick Segal s’avança. Tout à fait le genre de fille qui lui plaisait.

« Une vodka sec pour la demoiselle. » ordonna-t-il au barman en claquant des doigts.

-Vous avez l’air bien sûr de vous. »

-C’est que j’ai du goût, en ce qui concerne les femmes. »

Rick fit ce haussement de sourcil auquel aucune femme ne résistait. Le petit sourire de la jeune femme s’accentua. Elle lui tendit la main :

« Je me présente : Petrouchka. »

Après une nuit torride, Rick se réveilla seul, et… Son coffre fort avait été cambriolé ! La clé contenant des informations top secrètes sur la N-CRO-4-PTT ! c’était une nouvelle bombe révolutionnaire à destination de l’armée ! Cette blondasse la lui avait piquée !

Dans une grande pièce grise sans décoration et sans autre ameublement qu’une table immense de même couleur avec trois chaises, Rick était assis sur celle du milieu. A sa droite, Hunter, son coéquipier en chemise hawaïenne. A sa gauche, Rat, un informaticien à lunettes hublots et à cheveux gras. Une grosse voix métallique demanda :

« Agent 069, la clé est-elle en sécurité ? » Rick répondit avec assurance :

-On a forcé le sas de sécurité dans lequel je l’avais mise. Ils étaient nombreux. Et armés. »

-En effet. » répondit la voix métallique en projetant un gros plan du décolleté de Petrouchka sur le mur gris.

-Bon, ça va… »

-Une organisation terroriste dirigée par un certain Scorpion Noir va tout tenter pour voler la N-CRO-4-PTT et détruire la Maison Blanche. Votre mission, si vous l’acceptez, sera de l’en empêcher. Ce message s’autodétruira dans 5- 4- 3- 2- 1… »

-Bonne soirée, patron. »

On donna à chaque membre de l’équipe une voiture neuve, un équipement de protection pare-balle, dix mitraillettes toutes neuves, des munitions, des ventouses pour tenir sur le plafond, une caisse de grenades, un costume sur mesure tout neuf, et un déodorant très efficace. Enfin… Rat eut droit à un nouvel hélicoptère et à un nouveau PC.

Rat détecta les terroristes. Ils étaient au Soudan, dans un restaurant libanais.

Le bitume chauffait, les pneus crissaient, les doigts d’honneur des chauffeurs excédés fleurissaient, les carambolages s’amoncelaient. Hunter suait à grosses gouttes, et son costume tout neuf se tachait d’auréoles foncées sous les bras. Rick avait repéré dans une voiture de sport une magnifique blonde avec un brushing impeccable : Petrouchka. Rick s’engagea sur un pont. Elle jeta derrière elle une grenade maison. Rick accéléra. Le pont explosa. La voiture, lancée à pleine vitesse, avançait, suspendue dans les airs. Hunter hurlait :

« On va tous mourir ! On va tous mourir ! »

Et la voiture atteint l’autre coté. Finalement, le bolide de Petrouchka disparut dans un tournant sombre. Rick s’y engagea. Devant une porte de garage, il s’arrêta. Il mit ses lunettes de soleil, sortit de sa voiture avec une de ses mitraillettes neuves, posa, et… Reçut un coup à l’arrière du crâne.

Rick était ficelé sur une chaise fort inconfortable dans une pièce noire. Quand il se réveilla, Petrouchka le dévisageait. Il sourit avec assurance. Ah, c’était les risques du métier. Il s’en sortirait.

« Votre goût pour les jolies filles vous perdra, monsieur Segal. » susurra-t-elle.

-Il est à vous. » lança-t-elle à la pénombre.

-YAAAAHAHAHAHAAAAA ! » jubilait le Scorpion Noir.

-Les étoiles vont mourir ! La maison blanche est à moi ! A MOIIII ! » Rick haussa le sourcil :

-Que puis-je faire pour vous ? Puisque je suis toujours vivant, je suppose que vous avez toujours besoin de moi ? »

-Nous avons subtilisé la N-CRO-4-PTT ! YAHAHAHAAAAAAA ! C’est quoi le mot de passe de la clé ? »

-Alors là, vous me vexez. Je ne donne jamais d’information confidentielle sans avoir été au moins un minimum torturé. »

A la vérité, Rick n’en savait fichtre rien, mais les terroristes n’étaient pas obligés de le savoir. S’ils s’en rendaient compte, ils risquaient de le tuer. Il y avait plus grave : en le traînait jusqu’ici, on avait tâché son costume neuf.

« Ma vie pour une manucure… » pensa-t-il découragé.

Normalement, c’était le moment que choisissait Hunter pour venir le sortir du pétrin.

« Eh chef ! Chouf ! Il y a un type qui marche avec des ventouses au plafond… »

Rick fut déçu de voir son acolyte enfermé avec lui. Ce serait plus difficile de s’en sortir. Il y avait pire : le déodorant qu’on lui avait donné commençait à flancher, après plusieurs heures dans cette fournaise souterraine. Et Rick Segal ne sentait JAMAIS mauvais. Cette fois, ils étaient cuits.

Petrouchka se tourna vers le Scorpion Noir :

« Je vous ai donné la clé, et vous avez Rick. Où est mon argent, maintenant ? »

Cela remonta un peu le moral de Rick de voir Petrouchka enfermée avec lui.

« C’est quoi, ce binz ?! » s’exclama-t-elle fort contrariée.

5 minutes plus tard, elle parvenait à se libérer. Elle hésita, avant de libérer Rick et Hunter. Ce n’était pas une mauvaise idée : il fallait bien canarder à la ronde, avant d’atteindre l’hélicoptère de Rat.

« Vous en avez mis, du temps ! C’est qui, celle-là ? »

Petrouchka était tellement énervée qu’elle vida tout le stock de grenades sur le bâtiment. D’en bas, les mitraillettes des terroristes résonnaient.

« Vous vous rendez compte qu’ils ont le N-CRO-4-PTT, et qu’ils ne leur reste plus qu’à craquer le code de la clé ? » fit remarquer Rick en passant.

-Vous croyez que je vais les laisser obtenir ce qu’ils veulent après ce qu’ils m’ont fait ? » répliqua Petrouchka vexée en sortant la clé de son soutien-gorge à balconnets.

-Aucune morale ! Aucune fiabilité ! Je vais les pourrir sur le dark net ! Ils ne sont pas prêts de retrouver une cambrioleuse pour les aider ! »

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